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Quelques mots tout d’abord pour vous parler du système "politique" qui a régi le quotidien de nos ancêtres du Xe siècle jusqu’à la Révolution Française : la féodalité.

Qu’est-ce que la féodalité ? Eh bien c’était un système qui organisait le pouvoir autour de liens de fidélité entre un seigneur et ses vassaux. Cette organisation politique et sociale, dominante en Europe de l'Ouest du Xe au XVe siècle, doit son origine à la tradition germanique qui lie le chef à ses compagnons d'armes, en contrepartie de quoi le chef protégeait ses fidèles et leur confiait des missions importantes. C’est ainsi que dès la fin de l'époque carolingienne les rois délèguent leur autorité à des vassaux, qu’on appelle les comtes (ce mot vient du latin comitis = compagnon, personne de la suite) auxquels sont attribués des domaines territoriaux.

Petit à petit le domaine royal s’étendra au fur et à mesure que les comtés et les duchés des seigneurs accepteront l’autorité sacrée du roi, mais cela a pris des siècles (jusqu’à Louis XIV).

Le pouvoir du seigneur repose sur le fait qu’il possède des terres et/ou un château. Il devient le supérieur d'un vassal lorsqu'il lui attribue un fief qui est un ensemble d'avantages concédés par le seigneur. Le plus important de ces avantages est l'attribution de terres que le vassal exploite pour son compte. Progressivement le fief est devenu inaliénable et héréditaire, c'est-à-dire qu'il se transmettait comme n'importe quel autre bien. Le fief crée des obligations et des devoirs à l'égard du seigneur qui l'a attribué.

Au Moyen Âge, ces obligations réciproques étaient traduites dans une cérémonie qui se déroulait en deux parties :

1) l'hommage : pour montrer que le vassal devient l'homme de son seigneur, il s'agenouille devant lui et met les mains dans celles de son seigneur pour lui signifier qu'il est à sa disposition. Ensuite le seigneur le relève et l'embrasse (ce baiser symbolise l'union entre deux compagnons de guerre). Puis le vassal fait serment de fidélité à son seigneur. Ainsi s'établit une relation de dépendance par laquelle le seigneur s'engage à défendre son vassal et le vassal promet aide et conseil à son seigneur. C’est en échange de cet hommage que le vassal reçoit un fief de son seigneur.

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2) l'investiture qui est la transmission d'un bien, d'un droit ou d'une charge. Après l'hommage, le seigneur remet un bâton qui symbolise le fief qu'il attribue à son vassal, une motte de terre qui fait référence au domaine territorial, et une lance qui indique le service militaire qui est dû. Après cette cérémonie le vassal est investi et peut disposer de son fief.
Une fois la cérémonie achevée, le vassal a des obligations vis-à-vis de son seigneur : il fait partie de son escorte d'honneur, il lui doit conseil et surtout il doit un service militaire qui est ordinairement de 40 jours. Il lui donne aussi de l'argent (c'est une forme d'impôt) quand le seigneur marie sa fille aînée, quand il arme chevalier son fils aîné, quand il part pour la croisade, quand il est fait prisonnier et mis à rançon.
Le vassal transmet son fief par héritage, il ne peut en être dépossédé qu'en cas de forfaiture ou de félonie, c'est-à-dire de manquement grave à ses devoirs.
Le seigneur doit traiter le vassal comme il traite son propre fils, il le défend s'il est attaqué et il veille sur l'héritier du fief si c'est un enfant ou une femme.

Lors des invasions barbares survenues entre le IXe et le XIe siècle (Vikings, Normands, Bretons, Sarrazins) la protection est assurée par ces seigneurs locaux. En effet la France au tournant de l’an mille ne ressemble pas du tout à la carte que nous avons en tête, elle n’est qu’un tout petit domaine autour de Paris, Orléans et Compiègne. Au delà, des milliers de châtellenies apparaissent, entités politiques de taille réduite et totalement autonomes, dirigées par les comtes et les riches propriétaires qui se sont constitué des armées personnelles pour protéger le peuple vivant sur leur domaine. C’est ainsi que le pouvoir est partagé entre grands seigneurs qui relaient leur autorité dans les régions et les paroisses par l’intermédiaire de leurs vassaux. Le pouvoir du roi, lui, est encore très faible à cette époque.

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Sur cette carte on voit qu'en 1180, le domaine royal n'est qu'un tout petit territoire (colorié en orange foncé). Tout le reste du pays est partagé entre des seigneurs contre lesquels les rois de France vont faire la guerre pour agrandir leur royaume.

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Sur cette carte on voit mieux comme le domaine royal est petit.

Petit à petit le domaine royal s’étendra au fur et à mesure que les comtés et les duchés des seigneurs accepteront l’autorité sacrée du roi, mais cela a pris des siècles (jusqu’à Louis XIV).

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Agrandissement de la France entre 1547 et la Révolution